Adfel ikkaten issa-yas
taxwnaqt iḥawel-as
tiγilt ihebbel-itt waḍu
abeḥri imḥa tifiras
tidal n At Σebbas
d ččina w-Weγbalu
Σeddi-d ssin f lḥaṛ-as
i teεzizt tinṭ-as
ig-geṭran d lbext-inu
(Si Lbachir Amellah 1861-1930)
Adfel ikkaten s ssmaṭa
agris iγeṭṭa
lγim iqṭeε iberdan
adrar irra-t d luṭa
isγers taseṭṭa
letmaṛ-is akw it lman
issaweṭ-itt armi d Malṭa
ixdem ssixṭa
teṭra lwexda g Ṭelyan
(Si Lbachir Amellah 1861-1930)
L’Hocine Ukerdis
L’Hocine Ukerdis est un canadien d’origine kabyle, professeur en génie biomédical. Il est né à Tala Yala, arch des Imz’alen qui appartient à la grande confédération des Iflisen Melli (quatorze archs). Après des études au Lycée de Dellys, il s’est expatrié dans un premier temps en Europe où il a poursuivi des études universitaires. Par la suite, il s’est installé au Canada. L’Hocine Ukerdis a commencé à s’intéresser à la poésie amazighe (kabyle) dès son enfance. Au collège de Dra El Mizan, son livre de chevet était le fameux petit recueil des Isefra de Si Muh’end U Mh’end (le célèbre poète kabyle dont on vient de célébrer le centenaire de sa mort), publié par Mouloud Feraoun. Au lycée technique de Dellys où il était interne, il avait pris conscience de la dimension amazighe de l’Algérie en côtoyant d’autres camarades venant de tous les coins du pays. Sa participation au Club de musique du lycée de Dellys lui avait permis de travailler sur des pièces de poésie de Cheikh El Hesnawi et de Zerrouk Allaoua qui l’avaient alors fortement inspiré. Grâce à un de ses amis de Sidi Aïch (Malik), il avait mis la main sur un vieux manuscrit familial contenant de très belles pièces de poésie de Si Lbacir Amellah, le célèbre poète de la Vallée de la Soummam. C’est depuis ce temps-là qu’il s’est mis à composer des sizains et des neuvains dans le pur style de Lbacir Amellah et de Si Muh’end.
Conscient des limites de l’écrit dans une société kabyle de tradition orale, il a toujours privilégié de déclamer ses poèmes en public plutôt que de les publier. Ainsi, il a à son actif plusieurs récitals de poésie donnés à divers occasions organisées par des associations culturelles (Yennayer, Tafsut, Laàinsala, …). Également, il a collaboré durant ces deux dernières décennies à des émissions de radio kabyle (Tiwizi, Beur, Beurfm, BRTV, Amazigh Montréal…). Depuis cinq ans, il co-anime chaque dimanche une émission en kabyle sur les ondes de Canal Sambre Avesnois.
L’Hocine Ukerdis diffuse aussi ses poèmes via Internet dans les sites amazighs, et il est un des animateurs de Amazigh-net depuis sa création aux États-Unis il y a une quinzaine d’années.
Son engagement constant dans la défense de la culture amazighe remonte également à cette époque passée à Dellys où il avait fréquenté Haroun Med (Masin U Harun) et d’autres amis qui allaient devenir par la suite des leaders dans le mouvement culturel amazigh.
Feraoun : Ichekabene sans eau
Dimanche, juillet 5, 2009, 10:50
L’article publié dans Revue de presse. Lire toutes les articles de cette catégorie : Revue de presse.
Le village d’Ichkabene, situé à environ 2 Km du chef-lieu de la commune de Feraoun, souffre d’une pesante et intenable pénurie d’eau potable. Aux dires des habitants qui se plaignent constamment du manque de ce liquide vital, leur village a connu, durant des années, de longues et récurrentes disettes d’eau.
Source : El Watan
Feraoun
El Watan
— Archives - 2005-12-17
Feraoun
Un métier en déperdition
A. K. samedi 17 décembre 2005 El Watan
Page 1/2
Feraoun
Les villages dImellahène, dans la commune de Feraoun, 50 km au sud-est de Béjaïa, réputés pour la production artisanale du sel, se trouvent ces derniers temps face au risque de dépérissement de ce métier ancestral qui constitue lune des parties patrimoniales de la région. Lhistoire de ce produit, qui résulte de lévaporation des eaux salines sous leffet de la chaleur du soleil, remonte à lexistence dune époque lointaine de lhomme dans la région. Selon les vieux habitants de cette région, lapparition de la source deau saline a fait suite à un geste miraculeux du dévot Sidi Ahmed Aâdnane, qui en enfonçant sa canne dans le sol a fait jaillir une eau. Aujourdhui, Timellahine est de plus en plus délabrée et les ruisseaux et autres semi-puits qui assurent la chaîne de production dégradés. Cela nest pas sans dommages pour les villageois qui sen désolent à lexemple de Da Lhadj, un vieux villageois qui nous dit sa désolation : « Timellahine était le gagne-pain de nos ancêtres et leur richesse. Maintenant, cet héritage est dans un état lamentable. Des hommes ont disparu et la relève na pas été assurée. » Les
habitants des trois villages concernés, que sont Ichekaben, Aït Ounir et Iaâdnanen, préfèrent
salimenter aujourdhui en sel traité et conditionné bien quils savent que le sel produit
traditionnellement est sans aucun effet négatif sur la santé. A une certaine époque, toutes les
localités avoisinantes salimentaient en sel de Timellahine, qualifié dor blanc. « Ça nous fait
mal au cœur de voir cette ressource disparaître peu à peu. Elle représente une ressource
inestimable qui peut servir la région et ses habitants à condition quelle soit exploitée avec
rationalité », nous dit Zahir, un étudiant originaire de la région. Faut-il signaler quaucune
démarche na été entreprise de la part des services concernés et du mouvement associatif
afin de préserver cette activité qui risque de disparaître définitivement dans une région qui
recense plus de 20 000 habitant.
Forum ALGERIE > Actualité, débats et sciences > Bouillon de Culture > Mohand Ouramdane Larab auteur de “Si Muhand Oumhand”
Voir la version complète : Mohand Ouramdane Larab auteur de “Si Muhand Oumhand”
morjane
25/01/2007, 17h37
Auteur de trois livres sur la poésie kabyle, Mohand Ou Ramdane Larab (édité au Maroc) vient d’éditer son ouvrage sur Si Mohand Ou Mhand aux éditions “Le Savoir” de Tizi Ouzou. Il parle de ses travaux dans le domaine amazigh.
La Dépêche de Kabylie : Vous publiez enfin votre livre sur Si Mohand en Algérie, des années après l’avoir édité pour la première fois au Maroc, pourquoi tout ce retard ?
Mohand Ouramdane Larab : Le retard de la non-publication de mes écrits depuis 1997 est dû à l’indisponibilité des maisons d’édition qui peuvent prendre en charge les travaux de recherches sur la culture et littérature amazighes. Depuis1998, j’ai remis d’autres manuscrits pour deux maisons d’éditions en Algérie, mais, malheureusement, aucun de ces ouvrages n’a vu le jour. Il ya aussi le cas du manuscrit sur Lounès Matoub, le lexique scolaire français-tamazight-arabe-anglais.
Malgré la non-publication de mes autres travaux, je n’ai pas croisé les bras. J’ai produit une émission littéraire à la radio kabyle de 1998 à 2001, sous le titre Littérature algérienne puis j’ai continué à écrire mais ce n’est pas avec la même volonté d’antan. Soit on est sûr d’être publié, un fait qui stimule et motive l’auteur, ou on est souvent harcelé par les fidèles lecteurs sur les nouveautés. Le projet de la réédition en Algérie des Isefra de Si Muhend U M’hend, est du confrère Hamid Mezaoui, directeur des éditions le savoir, où une édition revue et corrigée a été mise sur le marché à l’occasion du 101e anniversaire de la disparition de Si Muhend le 28 décembre 2006, sous la direction de Mohand Boukhtouche, la cheville ouvrière de la maison d’édition.
Vous avez aussi réalisé des livres sur d’autres poètes kabyles, pouvez-vous nous en parler ?
Durant l’année 1997, j’ai publié chez les éditions Impérial à Rabat au Maroc, mes trois travaux entamés durant les années 80, à savoir, Tadyant n Cheikh Mohand ou Lhocine, le Recueil de poésies de Hocine n Adni et les Poèmes de Si Mohand ou M’hend. J’ai réalisé d’autres travaux inédits :
1-Lexique scolaire français-tamazight-arabe-anglais.
2-Lexique économique français-tamazight-arabe
3-Plan comptable national français-tamazight -arabe
4-Recueil de poésies de Lhadj Arezki Ouhaouche
5-Recueil de poésies de Ahmed Lemsiyah
6-Recueil de poésies de Bachir Amellah
Pour 2007,
- Edition du Recueil de poésies du poète Lhadj Arezki Ouhaouache, poète des Ait Fraoucene
-Réedition de Tadyant n Cheikh Mohand Ou Lhosin (Edition revue et corrigée.)
Pourquoi vos livres sont-ils écrits uniquement en tamazight et ne sont-ils pas accompagnés de traductions en français comme on a l’habitude de le voir?
A cette question, je répondrai que les auteurs français écrivent en langue française, les auteurs anglais écrivent en anglais, les auteurs arabe écrivent en arabe, moi je suis auteur amazigh, j’écris en tamazight, quand il y a nécessité de faire accompagner tamazight par une autre langue, je le ferais sans complexe comme je l’ai fait avec les lexiques ou autre travaux scientifiques. A mon avis, il est préférable pour certaines publications d’utiliser une seule langue pour des raisons techniques, de coût de revient de la production de l’ouvrage, pour faciliter aux éditeurs une prise en charge facile de l’édition et de permettre au jeune auteur d’être publié.
Vous avez écrit un livre sur la poésie de Matoub Lounès. Apportez-vous un plus par rapport à ce qui a été déjà publié sur ce poète?
Effectivement, j’ai réalisé depuis août 2000, une étude et hommage de 300 pages sous le titre Ay izem anda teddidh, à Lounes Matoub et son œuvre, accompagné d’un hommage d’une dizaine d’artistes et auteurs, contenant 216 poèmes, préfaces et analyses des textes, maximes de Lounès, hommages des confrères. Malheureusement, le livre n’a pu être publié par les deux maisons d’éditions, auxquelles j’ai remis le manuscrit, et pourtant l’ouvrage est purement littéraire. Souhaitons des jours meilleurs pour que l’ouvrage voit le jour pour rendre hommage au Rebelle digne fils de Jugurtha, et de me permettre de continuer sur cette trajectoire de réaliser une seconde étude d’analyse comparative sur la chanson d’amour chez Matoub Lounes.
Quel est votre regard par rapport à l’écriture en langue kabyle et par rapport à l’édition dans ce domaine?
Il y a nécessité d’un engagement de l’Etat pour sa prise en charge afin de créer un cadre d’épanouissement de cette langue et d’encourager l’édition afin de permettre à tous les créateurs de s’exprimer dans les divers aspects littéraires, comme cela se fait chez nos voisins Marocains, sans oublier d’encourager les éditeurs par l’exonération de certaines taxes et autres avantages motivants le métier de l’édition, ainsi que la sensibilisation du lectorat, car sans lectorat point d’édition, puisqu’on a vu l’expérience de pas mal de revues et d’hebdomadaires qui ont cessé de paraître faute de lectorat. Le cas le la revue Abc amazigh, qui a disparu malgré plusieurs appels de son éditeur, Smail Medjber. Il y a lieu de citer l’initiative de la Fédération des associations amazighes, qui a organisé par le passé le Prix Mouloud-Mammeri de littérature.
Par la Dépêche de Kabylie
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Novembre 1954-Novembre 2007
Devoir de mémoire et réhabilitation des valeurs émancipatrices
Les «mythes» fondateurs du mouvement national algérien
La plastique «inachevée» d’une révolution
De notre correspondant à Béjaïa Kamel Amghar
La révolution, comme tout grand bouleversement dans l’échelle des valeurs politiques et socio-économiques, a besoin fondamentalement d’un imaginaire suffisamment puissant pour entretenir sa flamme dans l’espace et le temps. Son triomphe même est intimement dépendant de l’image qu’elle dégage d’elle-même, de son esthétique et de son contenu intellectuel. C’est ce qui fait le «mythe» fondateur de tous les changements et assure en même temps leur pérennité. Bien avant l’avènement -proprement dit- d’une mutation importante, il y a toujours des éléments précurseurs qui nourrissent et définissent les contours des évolutions futures. L’idéologie, la littérature, l’art, la spiritualité et les préoccupations communes des gens mûrissent, pour ainsi dire, les idées nouvelles avant de les populariser. Ces œuvres annonciatrices agissent comme un catalyseur dans le processus de transformation en question et tracent en pointillé de nouveaux équilibres. Aussitôt institués, ces équilibres auront aussi indéfiniment besoin d’imagination et de création pour survivre dans le temps et suivre le mouvement de l’histoire. Inspirés des valeurs universelles, la révolution algérienne a aussi ses propres référents identitaires et culturels. Bien avant Novembre, il y eut déjà des idées «résistantes» dans la littérature orale et au sein des «cercles savants». D’illustres poètes, de grands maîtres de confréries et des troubadours infatigables ont, depuis les premiers temps de la colonisation -de toutes les colonisations, d’ailleurs- revendiqué la liberté et le droit exclusif des leurs sur cette terre. Malgré les nombreux obstacles dressés, la censure, la misère et la marginalisation systématique, il s’est toujours trouvé des hommes profondément affranchis et suffisamment inspirés pour dépeindre leur juste cause. De l’avis de nombreux historiens occidentaux, le débarquement français en Algérie en 1830 a été immédiatement suivi d’une vague de déculturation massive et d’une politique d’aliénation des langues locales. Mais cela n’a pas empêché de grands bardes comme Si Mohand, Sidi Lakhdar Benkhelouf ou Si Lbachir Amellah -pour ne citer que ceux-là- de se faire une aura certaine et de susciter l’éveil de conscience de leurs auditoires. Cet électrochoc s’est révélé d’une grande importance dans l’éclatement des révoltes locales contre l’occupation. L’Emir Abdelkader, Bouaamama, Ouled Sidi Cheikh, Mokrani, Aheddad et Fadhma N’Soumeur ont trouvé auprès de ces littérateurs, profanes et insoumis, de solides alliés dans l’œuvre de ralliement des couches populaires à leurs appels insurrectionnels. Malgré l’échec de ces révoltes successives, le mythe innovant de l’identité et de la nation algérienne s’est trouvé, en revanche, profondément enraciné dans les esprits. C’est cette flamme, constamment préservée, qui allait ensuite offrir ses premiers matériaux au mouvement national moderne avec l’émergence de l’Etoile nord-africaine au début des années trente du siècle dernier. Œuvre d’une émigration ayant fait ses premières armes dans les organisations syndicales d’outre-mer, ce premier parti nationaliste ne tardera pas à se forger une réelle assise populaire dans le pays. L’apport de Abdelhamid Ben Badis et de ses pairs de l’association des intellectuels musulmans, s’inspirant de l’idéal réformiste de Djamel Eddine El Afghani, a été déterminant au début de cette nouvelle orientation. Une génération d’écrivains francophones prendra ensuite le relais pour traduire éloquemment la réalité sociale de l’époque, «en donnant naissance à une littérature algérienne où passe le souffle national», lit-on dans un supplément des Cahiers du communisme, édité à Paris en août 1958. Comptant parmi les pionniers de cette nouvelle vague d’écrivains, Mouloud Feraoun (le Fils du pauvre, la terre et le sang, Jours de Kabylie) conçut son œuvre, qualifiée d’ethnographique par la critique, comme une mise au point finement élaborée aux allégations des sociologues et artistes coloniaux réduisant l’«indigène» au rôle de sombre figurant. «Par conviction, tempérament ou tactique, le nouvel auteur n’essaie pas de contrer de front les discours existants, [il s'est] inscrit dans une relation de dialogue et de contestation par rapport à ces textes», note Christiane Achour, une spécialiste de l’écriture feraounienne. «Bien qu’on sache que nous sommes des hommes comme les autres, je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire !» ne cesse-t-elle de marteler. Mouloud Mammeri (la Colline oubliée, l’Opium et le bâton, le Sommeil du juste), Mohamed Dib (la Grande maison, l’Incendie, le Métier à tisser), Kateb Yacine (Soliloques, Nedjma, le Cercle des représailles), Malek Haddad (l’Elève et la leçon, la Dernière impression), pour ne citer que ceux-là, se veulent un peu plus «offensifs» dans leur rejet de l’ordre impérial, raciste et inhumain. Ces géants sacrés de la littérature moderne accompagneront la lutte de libération nationale et bénéficieront, en retour, de son aura sur le plan international. «Notre position n’est pas si paradoxale qu’on le pense. En réalité, nous ne nous trouvons pas entre deux chaises mais bel et bien sur la nôtre», écrit Feraoun dans la Revue française (n°91/1957). Ce mouvement littéraire qui a énormément contribué à l’éveil de la conscience nationale en instituant une littérature francophone, authentiquement algérienne, fera «école» au lendemain de l’indépendance, en 1962. En parallèle, la chanson engagée et le théâtre y feront leurs premières apparitions. Mahieddine Bachtarzi, Ksantini, Touré, El Anka, Azem ou Hasnaoui émergèrent, parmi tant d’autres artistes talentueux, pour dénoncer l’injustice du système colonial et prôner un ordre nouveau. Un riche héritage qui profitera à l’action du PPA et celle du FLN ensuite. Ces années de lutte resteront les plus créatives dans l’histoire de l’Algérie. Une lignée d’écrivains francophones talentueux a émergé avec la liberté retrouvée pour se pencher sur les complexes et les tabous de la société, mais aussi les nouveaux défis qui se posent au pays. Cependant, l’«hégémonie» du parti unique et l’absence de démocratie dans le champ politique et social réduisirent considérablement la liberté indispensable à toute œuvre innovante. En s’appropriant cette histoire commune du mouvement pour légitimer le système «clos» instauré après l’indépendance, les responsables algériens d’alors ont considérablement amorti la dynamique intellectuelle qui avait accompagné la révolution. Rachid Boudjedra, Rachid Mimouni, Assia Djebar, Tahar Djaout, Ahmed Azzegagh, entre autres, se sont mis en devant pour plaider en faveur de l’émancipation de la société en la débarrassant des carcans passéistes de la tradition et des pratiques ancestrales désuètes. La condition féminine, la place de la jeunesse dans l’œuvre d’édification nationale, les libertés collectives et individuelles, la citoyenneté et la démocratie, les contradictions et les paradoxes de la société post-indépendance sont autant de thèmes abordés avec cette volonté infinie de s’inscrire dans la modernité. Toutes leurs œuvres sont inspirées des textes avant-gardistes du mouvement national durant les années quarante et cinquante. La littérature d’expression arabe, notamment dans le théâtre, a également connu un développement considérable avec des hommes doués comme Ouled Abderrahmane Kaki, Benhadouga, Alloula, Bouguermouh et Ouattar. Des cinéastes comme Zinet, Allouache, Hamina, Laskri, Meddour ou Bouamari apportent leur concours à l’entretien du feu sacré. Tous ces auteurs, par-dessus leurs contradictions individuelles, se positionnèrent pour le pluralisme et la liberté de création. Les échecs et les frustrations des deux premières décennies post-indépendance se répercutent négativement sur l’idéal révolutionnaire. La manipulation de l’identité nationale et l’instrumentalisation de l’histoire dans une optique de conquête du pouvoir auront des conséquences fâcheuses. De grands intellectuels feront, à tour de rôle, les frais de la censure et de l’exclusion. Lachref, Bennabi, Harbi, Boudia, Bourboune, Zehouane, Benzine, Khalfa, Keddache et Bennoune, entre autres, connaîtront l’exil et le silence au même titre que d’illustres opposants politiques comme Aït Ahmed, Boudiaf, Krim, Khider ou Ben Khedda… C’est cette «omnipotence» sclérosante des tenants du parti unique qui favorisera l’essaimage de l’islamisme radical et des forces régressives qui seront ensuite à l’origine de ce qu’on appelle «la tragédie nationale». En ce début du nouveau millénaire, une autre cuvée (qui semble dépasser la dispute stérile entre arabophones et francophones) voit le jour et se penche déjà sur les problèmes de l’heure. Yasmina Khadra, Boualem Sensal, Maïssa Bey, Ahlem Mestaghanem, Larej Wassini, Aïcha Kassoul ou encore Merzac Bagtache et Salima Ghezali font partie de cette jeunesse qui n’a pas froid aux yeux. Après des décennies d’ostracisme, la littérature d’expression amazighe fait également ses premiers pas à la faveur de la reconnaissance officielle de cette langue maternelle désormais intégrée dans le système éducatif. On ne parle plus -du moins pas directement même si elle en constitue le substrat- de la révolution du 1er Novembre, mais cela préfigure immanquablement une autre mutation qualitative dans la marche de l’Algérie vers la modernité. Car, ce sont toujours les textes d’aujourd’hui qui préparent les révolutions de demain. Tout comme la quintessence républicaine de la révolution française qui a été une plate-forme fertile à l’instauration de la démocratie et des droits de la personne humaine, les textes fondateurs du mouvement national constituent au fond une référence de qualité et une source d’inspiration prolifique pour l’ensemble des créateurs algériens. Le «mythe» est, en soi, sain et sauf !
K. A.
« Mettez la Révolution dans la rue et vous la verrez reprise et portée par douze millions d’hommes. »
Larbi Ben M’hidi. »
Si la nostalgie, ô mon enfant 
Etreint ton petit coeur chéri
Qui espère un jour de fête et attend,
Le mien brûle, aspire et prie.
J’enferme mon chagrin en silence.
Mon coeur déborde.
Ô patience
Emir Abdelkader
3 commentaires:
- Anonyme a dit…
- C EST GRACE A NOTRE GRAND PERE,
NOTRE EMIR ABDELKADER QUE L EMPIRE FRANCAIS A ETE ACHEVE EN ALGERIE.NOUS SOMMES LIBRES, C EST AUSSI GRACE A NOTRE PERE LARBI BEN M HIDI ET BEAUCOUP D AUTRES HOMMES ET FEMMES QUI SE SONT SACRIFIES.RETROUVONS NOTRE DIGNITE POUR ACHEVER L EMPIRE AMERICAIN.
PRENONS DU RECUL DANS LE TEMPS, C EST PRENDRE EN COMPTE LE FAIT QU A CHAQUE EPOQUE, CE QUE LA MAJORITE OU LA MINORITE CROIT ETRE VRAI, BON OU INDISPENSABLE PEUT ETRE EN REALITE UNE ERREUR.
HANS BLIX A PARLE DE -SALOPARDS-.
L INSPECTEUR INCARNAIT L IMAGE D UN DIPLOMATE PRIS DANS LES FILETS D ENJEUX IMPORTANTS ET EN MEME TEMPS MAFFIEUX DES PUISSANCES QUI ETAIENT
IMPLIQUEES DANS LE COMPLOT DE LA GUERRE EN IRAK. IL A TENU A RESPECTER UNE STRICTE NEUTRALITE.
CE QUI EST RARE DE NOS JOURS, QU IL FAUT LE SOULIGNER VIGOURESEMENT. - Anonyme a dit…
- respect et hommage appuyé à tous les symboles de la nation algérienne .
nous avons un devoir vital d écrire notre histoire .
alors sos historiens ! - Anonyme a dit…
- Merci Monsieur Kamel Amghar, c’est rafraichissant.
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Tamazight Langue orale ou langue écrite : l’enjeu
Source: La Nouvelle Republique 16-02-2005
La plupart des auteurs actuels qui s’initient au rnonde de l’écrit sont tous ou presque issus du monde associatif. L’attitude est, pour ainsi dire, plutôt militante, volontariste et individuelle. Elle est éphémère et limitée dans le temps dans la mesure où rares sont les autres qui signent au-delà d’un titre en raison des méventes. Même les revues et les joumaux d’expression berbère ont toutes et tous eu une vie très courte. Je pense alors qu’il est trop tôt pour se prononcer d’une manière consistante et circonscrite sur le sujet. L’on devait encore attendre quelques années pour commencer à apprécier réellement le degrés du besoin d’écrire et de lire en berbère. L’œuvre de Bélaïd At Ali publiée en 1964 par le FDB est une exception sur laquelle je reviendrai plus loin.
Mon intervention peut paraître distante de la thématique choisie, mais l’argumentaire qui la sous-tend est intimement contigu au sujet. Je me suis tenu alors à l’intitulé principal du séminaire, à savoir «Passage à l’écrit des langues et cultures de tradition orale, le cas de la langue berbère». Je développerai dans cet exposé une vue globale sur l’attitude actuelle des utilisateurs de la langue à l’oral et une observation sur les perspectives scolaires de mon point de vue, que parler et écrire en berbère devraient être deux éléments qui permettent à la langue d’être une.
La société berbère est une communauté d’expression orale et non de tradition scriptturaire. Aussi, un état de «rébellion» à l’esrit apparaît comme encore bien installé chez les locuteurs berbérophones. L’accoutumance à l’oralité historique de la langue berbère a non seulement engendré un facteur de résistance naturel au changement, mais semble avoir consacré le genre privilégié et actuellement en vigueur, c’est-à-dire le genre oral, comme domaine réservé de l’expression.
Une des raisons qui apporte une réponse à cette situation, mais une situation pas regrettable du tout, est que l’audition, ce liant d’images acoustiques, est connue pour ètre un moyen d’usage rapide, direct et facile qui permet l’accès aisé au monde de la commumcation. Alors que l’écrit, cette forme visible de la langue, exige au préalable le pénible et laborieux apprentissage des règles de transcription, d’orthographe et de grammaire pour enfin acquérir la faculté d’écrire. C’est alors que l’hésitation, chez deux catégories de la population berbère, les natifs monolingues et les nouvelles générations plurilingues, freine souvent l’initiative à l’écriture.
Cette attitude conservatrice d’instinct du genre oral chez les berbérophones devait être positivée et développée dans la mesure où l’on constate aujourd’hui qu’une norme d’orale moderne a acquis bien des espaces d’expression dans plusieurs pays pourtant à forte tradition d’écriture. Il est untile de rappeler que toute langue est née sur fond d’oralité et cette nouvelle tendance à communiquer directement par la parole n’est-elle pas un aveu des insuffisances que recèlerait le genre écrit ? La question reste posée tant que Chikh Mohand Oulhoucine disait déjà en son temps : «Akkenfessus wawal i tmenna, i zzay wawal i tira.» C’est là une vision du penseur kabyle qui a agi par anticipation sur cette nouvelle valeur de l’oralité. C’est dire que le genre oral, spécificité humaine, ne devrait plus être déclaré ou perçu sous le prisme déformant de modèle mineur et on devrait aussi s’éloigner de la nature aliénante de l’écrit. C’est plutôt à un dosage équilibré entre l’oralité et l’écrit que nous devions travailler en nous instruisant des différentes expériences vécues.
Aussi paradoxale que cela puisse paraître, la langue berbère possède un avantage précieux qui la prédispose à une évolution facile et sans heurt dans sa marche vers l’écrit sans renoncement de son caractère oral. C’est qu’il n’y a pas de frontières entre sa forme audible et sa forme visible. L’audibilité de la langue berbère se superpose totalement avec sa visibilité. La langue a fonctionné jusque-là suivant des règles et des structures naturellement organisées et nous permet d’exprimer, sans appréhension ni hésitation aucune, nos rêves, nos sentiments, nos sensations.
En effet, tout berbérophone utilise sa langue intuitivement sans en connaître les notions grammaticales des éléments qu’il utilise. C’est-àdire sans formation scolaire. Cela est bien sûr le cas de toutes les langues maternelles, mais la particularité est que la langue berbère ne subit pas de rupture ni de transformation au fil du temps et des options. L’utilisateur de la langue continue de combiner parfaitement les mots qu’il met au service de sa pensée, sans toutefois en connaître formellemént les fonctions. Quand il utilise le mot «sk-ut» (tant que) il ignore que la grammaire le nomme conjonction que «anwa ?» est nommé interrogatif, que «werâad» est appelé élément de la négation. Il sait faire subir avec exactitude les différentes variations que peut prendre un verbe selon le contexte de son utilisation et dans quelles conditions particulières il l’emploie.
Ainsi le verbe «bedd» (se lever, se tenir debout) est directement forgé à sa forme d’habitude «ebddad», à sa forme factitive «ssebddad ou sbedd», à sa forme réfléchie «wabdded». Il sait également lui faire produire les différentes formes nominales comme le nom d’action «addu ou asebdded», le nom d’objet «asebddad» ou encore «ibeddi» pou rendre une position une attitude face à un fait, etc.
Ce n’est également pas par hasard qu’en berbère tous les éléments qui forment la famille de mots obéissent aux même règles et aux mêmes techniques de linguistique générale et de grammaire qui veulent qu’à partir d’une racine découle la série familiale. Exemple : afeg (voler), ruffga (le fait de voler), affug (le vol), imifig (l’aviateur), tamsafga (l’aviation), anafag (aérodrome ou aéroplane ou encore aéroport), timsifegt (volatilité ou volatilisation), imsifeg (un volatil), imesriffeg (l’oisillon qui s’initie au vol), etc.
Un autre avantage non moins intéressant dont dispose naturellement la langue berbère est sa précision dans l’énoncé de tout verbe. Il n’y a pas de confusion possible entre :
- Icennu (il chante) dont l’image acoustique annonce directement la troisième personne du singulier.
- Cennun (ils chantent) dont l’image acoustique annonce directement la troisièine personne du pluriel.
Alors que pour le même exemple dans la langue française, il faut d’abord maîtriser les normes grammaticales pour ensuite distinguer entre :
- Il chante (avec un «e» au singulier) et ils chantent (avec «ent» au pluriel).
Dans ce cas de figure, l’image acoustique qui se dégage est la même, mais la forme écrite différe fondamentalement.
En berbère, c’est directement l’audition d’un mot qui fixe son orthographe. Autrement dit, tout mot s’écrit comme il se prononce.
On peut donc poser que la réussite du code écrit réside dans la restitution fidèle du code oral et j’oserais dire du code maternel. A juste titre, Ferdinand de Saussure disait que «l’unique raison d’être de l’écriture est de représenter la langue parlée».
C’est justement cet avantage de superposition directe de l’oral et de l’écrit qui caractérise la langue berbére qui devait être exploité, à mon sens, comme piste pédagogique et méthodique privilégiées pour réaliser le passage à l’écrit comme besoin utile et non pas comme simple phénomène de substitution ou encore une fin en soi. L’écrit cesse d’être utile quand il devient un moyen d’aliénation.
De plus, la langue berbère ne subit pas, pour l’instant du moins, certains côtés embarrassants comme le classicisme qui fait s’opposer d’une part une langue ancienne et une langue dite ancienne et une langue dite moderne. Dans la société kabyle, pour ne citer qu’elle, il n’y a pas de langue de classes. Si par exemple du côté français il y a une grande part du patrimoine littéraire pour ainsi dire classé, archivé et déclaré de «vieux français» et peu employé de nos jours , à l’inverse, chez nous, c’est la littérature produite, il y a, pour certaines, des siècles, par Youcef Ouqasi, Maamar Ahesnaw, Mouhend Oumusa Awagennoun, Chikh Mouhend, Lbachir Amellah, Yemma Khlidja Tamcheddalt, Si Mouhend Oumhend et bien d’autres qui sont le modèle, voire la norme consacrée de la langue où la construction et la formulation sont douées d’une profondeur, d’une parfaite homogénéité et d’une harmonie débordante.
Alors, afin de réduire cette flagrante tendance actuelle du berbérophone à appréhender l’écrit, l’objectif de notre école n’est donc pas d’inventer une nouvelle langue mais de consolider son état actuel et postuler à ses évolutions nécessaires. Le passage à l’écrit est plus qu’une nécessité. Mais la méthode de passation à l’écrit est plus qu’une nécessité. Mais la méthode de passation et d’adaptation à ce nouveau genre ne devrait pas donner lieu à l’apparition de deux langues l’une dite correcte et l’autre dite incorrecte ou encore l’apparition d’une forme de langue de prestige dont la domination à terme sur la langue naturelle l’éloignera de sa base sociologique. Autrement dit, notre école doit jouer le rôle d’accélérateur de ce qui est déjà bien mis en place naturellement. La caricature produite par la rue à l’adresse de ceux qui s’évertuent à faire dans un berbère truffé de néologismes et de formulations bizarres est à méditer. Cette caricature dit : «Yesmuzzugh» ou encore «Ysbahbih». Cela doit nous donner matière à réflexion car si le passage à 1′esprit est déterminant, les enjeux demeurent vitaux en ce sens qu’il faudrait tout faire pour que ne soit pas affectées et travesties les réalités vivantes et naturelles de la langue qui, au risque de me répéter, provoqueraient son éloignement des utilisateurs et des locuteurs.
Pour illustration, dans un ouvrage de méthodes et pratiques de langues françaises, nous pouvons lire, en raison et en expérience de quoi nous devons nous instruire, ce qui suit : «Le prestige de la langue écrite paralyse les Français et leur ôte la liberté d’utiliser sans appréhension leur propre langue : Combien d’adultes n’osent pas écrire, par crainte de faire des fautes d’orthographe et de ne pas rédiger correctement, combien n’osent pas prendre la parole en public par peur d’être mal jugés…» (fin de citation).
Par ailleurs, je pense aussi que le passage à l’écrit n’est pas la tâche du seul exercice scolaire. La tâche est aussi celle des créateurs que sont les écrivains, les poètes, les journalistes, etc. C’est dire que la langue est un tout social. En cela, l’œuvre de Belaïd At Ali est une interpellation. En effet, l’auteur des Cahiers de Belaid est le premier à avoir exercé sur sa langue une influence qui se manifeste, d’abord, par l’introduction de la longueur dans le texte car, habituellement, seuls les poèmes sont écrits. Ensuite apparaît nettement l’effort de précision dans l’usage d’un verbe, raffiné, ciselé allant jusqu’à la subtilité. Certaines métaphores, dont l’origine est la formation populaire, ont été utilisées à juste titre comme source de composition de style et moyens de présentation de l’ensemble des tons rendus tels que le pathétique, la dramatique, le tragique, le comique, le polémique, l’ironie, l’humoristique, le sensationnel et, enfin, le poétique. Avec une formidable création dans le jeu du vocabulaire et une combinaison particulière des mots d’usage facile et très courant, Belaïd At Ali a réussi à faire disparaître les frontières entre le genre oral et le genre écrit. La réussite de Belaid réside dans le fait qu’il n’a pas provoqué de heurts ni de chocs entre la prononciation à l’oral et la représentation matérielle du texte à l’écrit. Avec l’oral et l’écrit, Belaid a permis à la langue d’être la même. Les Cahiers de Belaid sont une œuvre immense qui nous interpelle sur l’usage que nous faisons aujourd’hui de la langue, mais surtout de la démarche à entreprendre pour son passage à l’écrit en tant que langue, historiquement, orale. C’est pourquoi les Cahiers de Belaid devraient servir de point de référence dans l’acte d’écrire en berbère.
L’enjeu étant, donc, pour nous d’éviter que nous ne soyons coupés de ce qui a été par rapport à ce qui va venir. Je veux citer ici Mlle Dahbia Abrous qui déclare que «toute création passe inévitablement par l’impérative maîtrise de ce à partir de quoi on innove».
Bien sûr que notre école ne devrait pas se recroqueviller sur elle-même dans le seul genre oral, car disait da Lmulud : «Il se peut que les ghettos sécurisent, qu’ils stérilisent c’est sûr.» Il nous faut seulement concilier l’un et l’autre (l’oral et l’écrit) pour éviter de «s’enfermer comme dans une pièce à deux issues, dont on se garderait d’ouvrir les portes, celle qui mène au passé comme celle qui regarde vers l’avenir… et d’où on ne pourra jamais s’enfuir.»
La suite la semain prochaine Abdennour Abdesslam, chercheur In Timmuzgha octobre 2004.
16-02-2005







